INSEP : EN COURSE AVEC LES CADETS 8 février
DUOS DE VITESSE
Lieu : INSEP
11, avenue du Tremblay – 75012 Paris
Date : 6 février 2010
Organisateurs : CDC 75, 77, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et C.I.F
Trois courses « cadets » disputées en partenariat avec Olivier Maudouit
Places : Thomas – 3e de la course aux points (mais classé sur l’élimination)
Olivier – 5e de l’élimination (mais classé sur la course aux points)
Thomas & Olivier – 4e de l’Américaine
Thomas & Olivier – 4e de l’Omnium
TROP BON TROP TÔT ?

Compagnons d’écurie mais néanmoins rivaux,
Thomas et Maël ne veulent rien lâcher lors de la course aux points… (photo Sophie Mallet)
Du flou dans la direction…
Thomas était passablement excité avant de participer à cette épreuve dans laquelle Lucien Bouniol & Francis Coquoz avaient décidé de le surclasser et de le faire courir avec les Cadets… Il était naturellement très fier mais aussi très inquiet à l’idée de courir les épreuves Minimes ET deux épreuves Cadets (course aux points ou élimination ET Américaine) ainsi qu’on le lui avait laissé entendre lors du dernier entraînement.
Prévenu de son inquiétude, Jean-Claude alla voir de quoi il retournait et de quelle manière on pourrait faire courir son Minime dans des conditions moins stressantes. Quitte à priver Thomas d’une possible victoire dans sa catégorie, et pour ne pas susciter les récriminations d’autres Clubs ou concurrents, Lucien, Francis et Jean-Claude décidèrent finalement que Thomas ne courrait QUE dans la catégorie Cadet. Soulagé, Thomas était maintenant aux anges… et très pressé de « rentrer dans la bagarre ».
Du même coup, cette décision résolut le problème de la « valse des braquets » qui, elle aussi, posait problème à mon bonhomme qui se demandait à quel moment il faudrait intervertir la rondelle (avant ou après le retour au calme, juste avant l’épreuve…), s’il trouverait quelqu’un de disponible pour réaliser le tour de passe-passe… On installa un 15 sur son vélo (un pignon intermédiaire entre le 16 des Minimes et le 14 des Cadets) et, d’emblée, Thomas gagna en sérénité et en motivation.

Avant le début de l’épreuve, la piste est libre
et c’est entre amis qu’on la fréquente…
Fiançailles et épousailles…
Au terme des entraînements du mercredi, Alexandre Prudhomme et Thomas s’étaient choisis pour partenaires. Heureux de mettre en commun leurs qualités complémentaires (endurance-vitesse, tactique-instinct…) et de conjuguer leur plaisir de courir, les deux gars s’étaient choisis mais, là encore, tout ne se passa pas comme prévu. Pour des raisons auxquelles ils étaient étrangers, il fut décidé que Thomas ferait équipe avec Olivier Maudouit et Alexandre avec Ferdi Turan…
Les noces célébrées, il fallut que les nouveaux mariés se répartissent les responsabilités au sein des couples improvisés et si le dialogue fut sans anicroches entre Alex et Ferdi, il fut en revanche un peu plus tendu entre Thomas et Olivier qui avaient tous deux envie de disputer la course aux points… Tandis que Franck Verrier dictait sa loi dans la course Minimes, Olivier et Thomas finirent bien sûr par se mettre d’accord afin de pouvoir se concentrer sur ce qu’ils avaient à accomplir…

Dans les courses Minimes, des temps de croissance décalés
mettent aux prises des concurrents aux gabarits contrastés…
mais les courses n’en sont pas moins très disputées !
Thomas marque des points…
Face aux concurrents auxquels il était confronté, j’ai d’abord pensé que Thomas ne ferait pas le poids dans la Course aux Points mais très vite, j’ai vu que l’asticot se défendait plus que bien. Il se plaçait intelligemment, réagissait à temps et semblait ne pas trop souffrir des luttes acharnées qu’il devait mener ni du braquet atypique qu’il enroulait les jambes autour du cou. Si Maël lui reprocha – après coup – d’avoir fait le jeu de coureurs n’appartenant pas à l’USC (en emmenant quelqu’un dans sa roue), il ne me sembla pas, en revanche, que Thomas ait fauté. Il fut courageux, opportuniste et combatif. Handicapé par un braquet moins costaud que celui enroulé par ses concurrents, il se battit avec les armes qui étaient les siennes pour défendre les chances du duo qu’il formait avec Olivier.

La course aux points est une épreuve tactique parsemées de sprints répétés…
Mille tactiques peuvent y être déployées dont aucune ne vous assure jamais de la « victoire »… (photo Sophie Mallet)

Pour faire de bons coureurs et des compétiteurs civilisés, la qualité de l’encadrement est primordiale…
À l’US Créteil, Thomas a trouvé un groupe structuré où amitié, compétence et chaleur lui permettent de bien évoluer.
Dans l’élimination, Olivier se défendit lui aussi avec intelligence et courage si bien qu’avant de disputer l’Américaine, le jeune couple qu’il formait avec Thomas était à sa place sur la course… et bien situé pour des objectifs plus lointains.
Olivier et Thomas jouent la Belle … Américaine
Désormais fasciné par une course dont il ignorait presque tout quelques semaines auparavant, c’est avec une résolution enthousiaste et une motivation forcenée qu’avec les copains, Thomas alla s’agripper à la balustrade. Surmotivé mais néanmoins détendu, peut-être grâce aux facéties de Ferdi dont tout le monde connaît l’heureux caractère et la décontraction désarmante, « Boucles d’Or » attendit que soit donné le départ d’une course qui promettait d’être dangereuse et extrêmement difficile.
Dominée par les paires Aubernon-Dagorne, Rousseau-Verrier et Brebant-Huet, la course fut d’autant plus belle qu’il n’y eut pas de chute à déplorer… mais d’autant plus dure qu’insuffisamment attentif à son jeune partenaire, Olivier oublia plusieurs fois de prendre le relais de Thomas qui se retrouva plusieurs fois obligé d’accomplir des tours supplémentaires. Une ou deux fois, je vis Thomas pendu mais, autant de fois, il récupéra assez vite pour être de nouveau performant quand son tour de faire l’effort arriva. Ceci dit, les deux loustics se sortirent plutôt bien de l’épreuve et tout laisse espérer qu’après cette première impromptue, les courses qu’Olivier et Thomas seront amenés à disputer de concert se dérouleront de manière plus efficace et harmonieuse…

Si Thomas est tellement crevé,
c’est qu’Olivier ayant raté un relais,
Thomas dut son effort redoubler…
(photo Sophie Mallet)

Requinqué, c’est avec détermination que Thomas repart à l’attaque… (photo Sophie Mallet)
ÉLOGE DE L’AMÉRICAINE
Pas toujours très lisible pour les spectateurs qui découvrent la discipline, le Madison (l’autre nom de l’Américaine) est pourtant une épreuve envoûtante durant laquelle il se passe toujours quelque chose. Il y a des coureurs sur tout le vélodrome, la tête de course avale souvent sa queue, les accélérations semblent se déclencher sans rimes ni raison, les relais sont spectaculaires… mais pour les coureurs, et pour les observateurs qui parviennent à décrypter la cinétique de ce type d’épreuve, c’est un régal non dénué de frissons et une formidable école de course…
CLASSEMENT DES MINIMES ET DES CADETS
INSEP – 6 février 2010

LES LEÇONS DU JOUR
1) Le programme d’un coureur peut-être soumis à plusieurs logiques… et à plusieurs entités qu’il convient de mettre en phase. Le compétiteur a des envies, son Club et son Comité des objectifs et des projets qui doivent être concertés afin qu’à long terme soient préservés les intérêts du coureur, du Club et du Comité…
2) En cyclo-cross, le calendrier prévisionnel et désinvolte mis en place avant la saison fut chamboulé et « surchargé » par les bons résultats de Thomas et ses appétits croissants… Sur piste, l’entraînement hivernal révéla un coureur en forme qui rivalisait avec les meilleurs Cadets et remportait des victoires à l’étranger. Il fut donc décidé de le surclasser dans les courses disputées à l’INSEP…
S’il est formidable d’appartenir à des structures réactives et ambitieuses qui savent accompagner et nourrir les envies et les capacités de ses membres, ces enchaînements démontrent également combien il est difficile de programmer une saison et prouvent si besoin était, combien il est crucial que le coureur, ses entraîneurs et les cadres techniques qui l’entourent veillent, ensemble, à faire émerger des dynamiques lisibles par le coureur et cohérentes par rapport à des objectifs qu’il convient de dégager afin qu’un programme efficace puisse être mis en place.
Si l’improvisation paraît inévitable et parfois même désirable (un cycliste n’est pas une machine), il faut aussi que la saison d’un coureur soit anticipée et structurée, son parcours borné par certains objectifs (apprentissages, physiologiques, psychologiques, victoires, progression ultérieure…)
3) Un coureur devrait toujours arriver sur une course en sachant exactement à quelles épreuves il va participer…
4) Un coureur n’est pas un individu isolé mais le membre d’une équipe qui le sert mais qui, en retour, attend de lui qu’il souscrive à une logique collective…
5) Inversement, le collectif n’est pas le propriétaire de ses membres. Il se doit d’expliciter ses choix afin de ménager la susceptilité de tous et de faire adhérer chacun aux processus mis en œuvre…
6) Au sein d’un groupe, et notamment au sein d’une équipe où chacun est focalisé sur « la gagne », on remarque – et c’est humain – plus facilement les erreurs des autres que les siennes. Il faut apprendre à les énoncer plutôt qu’à les dénoncer, afin de muer la critique en analyse et en leçon tactique… Il faut apprendre à parler calmemement, sereinement, des aléas de la course qui s’est déroulée… Entre égaux, les « ego » doivent être tempérés
CARTON ROUGE
Dommage que certains coureurs de l’Américaine s’obstinent à attendre leur coéquipier sur des lignes qui ne sont pas dédiées à l’attente mais à la vitesse… Cela trouble la lisibilité de la course et ajoute de la dangerosité à une épreuve qui n’en est pas dénuée.








































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